À Ressons-sur-Matz, l’expérience des cellules paroissiales d’évangélisation

Nous sommes à quelques kilomètres du village natal de sainte Julie Billiart (cf. encadré), qui a donné son nom à la paroisse. Les petits villages parsèment le paysage, entourés de terres agricoles à perte de vue. Dans ce monde rural déchristianisé, « on arrive à la troisième génération de gens qui n’ont pas été catéchisés », explique Alain Rumeau, l’unique diacre de la paroisse. « La majorité des gens n’ont aucune base religieuse. On avance dans une forêt vierge », continue-t-il. Loin d’être découragé par le constat, le dé l’enthousiasme.

Lorsqu’il est nommé à Ressons en 2008, le père Geoffroy s’attèle avec ses paroissiens à dé nir un projet de communauté. Ensemble, ils déterminent que leur paroisse se doit d’être une communauté formatrice, évangélisatrice et missionnaire. Deux outils sont alors déployés pour y parvenir : les parcours alpha et les « groupes de maisons ». Si le premier outil porte du fruit, le deuxième peine à trouver son rythme et sa consistance. Ça ne prend pas. « En 2011, je me rends à Toulon avec trois paroissiens pour découvrir le mode d’emploi des cellules paroissiales d’évangélisation (CPE) », se souvient le père Geo roy. Le principe de ces cellules a vu le jour en Corée, dans une paroisse qui, partie de cinq dèles, en compte aujourd’hui plus d’un million.

Les cellules ont vocation à se multiplier à l’infini. « Une Église qui n’est pas en croissance est en décroissance ! », analyse le P. Geoffroy, né en Angleterre et influencé par le concept anglo-saxon de leadership, fondamental dans le fonctionnement des cellules. De retour dans sa paroisse, il lance une session d’initia- tion et de formation sur les CPE avec trente personnes. S’ensuit, par répartition géographique, la création de trois cellules. « Nous prions pour les personnes dans le besoin, nous nous réconfortons les uns les autres, nous méditons sur l’Évangile du dimanche avec l’homélie que le Père distribue à chaque fin de messe », témoigne Angélique, 35 ans, qui sera confirmée l’été prochain avec son mari et son fils. Deux ans après leur création, force est de constater pourtant que les cellules ne se multiplient pas, malgré une formation avec d’autres cellules de France à Paris en 2014, une autre à Douvres-la-Délivrande en 2015.

C’est la rencontre providentielle avec le responsable des CPE pour le Canada, Luc Labrecque, qui lève les freins. Les leaders et co-leaders, qu’il faut placer à la tête des cellules, sont facteurs de multiplication. Eux-mêmes ont un responsable de zone, lui-même appuyé et encouragé par le curé, lequel rencontre régulièrement ses leaders. Par ailleurs, il convient de nourrir les cellules par des écoles ou des groupes de prière. « Nous sommes passés de trois à cinq cellules dans la paroisse et dix dans le secteur missionnaire », analyse le prêtre. Des cellules naissent à Guiscard, à Lassigny, sur la paroisse de Oise-et-Matz, à Compiègne. En septembre 2016, une cellule jeunes voit le jour à Ressons, et se réunit un dimanche sur deux. « Au bout de 9 ans, cette expérience est en route, je ne fais pas cocorico, confie encore le curé, mais je sais que je suis surlebonchemin!». Et les 5 essentiels dans tout ça ? « La cellule en incarne la mise en pratique », répond aussitôt le père Geoffroy. « A = la cellule loue et un membre s’engage à adorer dans la semaine ; B = la fraternité se vit de manière intense ; C = on suit une série de formations ; D = je sers dans le milieu dans lequel je suis, l’oïkos ; E = on se pose la question chaque semaine de l’évangélisation ! » La boucle est bouclée. 

Raphaëlle Villemain

1 mai 2017  //  Par :   //  À Ressons-sur-Matz, l'expérience des cellules paroissiales d'évangélisation  //  Pas de commentaire   //   258 Vues

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