La grande guerre : les catholiques de France rejoignent l’Union sacrée le 2 août 1914

La France a subi 52 mois d’une guerre totale, d’autant plus effrayante qu’elle était évitable, d’autant plus dramatique qu’elle mit en œuvre des moyens de destruction considérables. Celle-ci a mobilisé toute la nation par delà les querelles qui l’avaient divisée si profondément.

C’est ainsi que les Catholiques de France, confrontés depuis 1880 à des gouvernements résolument attachés à la laïcité et depuis 1900 à une forte offensive anticléricale, furent appelés à rejoindre l’Union sacrée proposée par le ministère Viviani dès le 2 août 1914. Les mesures anticatholiques sont suspendues et les écoles congréganistes reprennent leur mission éducative.  Les prélats sont invités à soutenir l’effort national de mobilisation ; 25000 prêtres et séminaristes seront appelés. C’est donc une France rassemblée qui combat et toutes les forces vives de l’Eglise y contribuent.

Cependant, la tension demeure et même si les querelles sont moins vives, l’anticléricalisme reste actif. L’action de Benoît XV, élu en août 1914, est fortement critiquée à Paris ; le souverain pontife souhaite une paix négociée, sans vainqueur : insupportable pour la France qui n’envisage d’issue au conflit que par une victoire totale. Celle-ci, chèrement acquise, au prix de la mort d’un million et demi de soldats et d’un bilan matériel très lourd, ne fera pas disparaître la solidarité du front. Les Catholiques et l’Eglise de France seront de nouveau insérés dans la nation. La réouverture des écoles libres et le rétablissement des relations diplomatiques entre la République française et le Saint Siège en témoignent.

Philippe Papet
Professeur d’histoire

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8 septembre 2014  //  Par :   //  Centenaire 14-18  //  Pas de commentaire   //   1133 Vues

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