La joie de vivre en Dieu

Ne vous laissez pas voler la joie de l’Evangile ! Cette invitation du pape François interpelle. Comment l’entendre et la faire sienne dans un monde si violent où chômage et solitude riment avec fanatisme et servitude ? Le successeur de Pierre serait-il un joyeux illuminé aveugle à la misère du monde ? Nous le savons bien, le parcours du pape François a connu l’Argentine de la dictature et son cœur de père saigne chaque jour devant la souffrance des innombrables exclus de notre temps. Et pourtant, sa parole est bien là qui interroge. De quelle joie parle-il ? Sur quoi se fonde-t-elle ? Nous est-elle possible ?

La joie, fruit d’une rencontre personnelle. La vie de celui qui croise le regard de tendresse de Jésus est transformée. La joie de l’Evangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours[1]. La joie dont parle le pape François est une source vive qui nait au fond du cœur de ceux qui mettent leur confiance en Jésus-Christ, avec persévérance. Elle jaillit malgré les aléas de la vie, pourvu qu’on ne la laisse pas s’embourber.

La joie, fruit de l’Esprit Saint. Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie… Ne soyez inquiets de rien, ose écrire saint Paul[2] . Sa vie a pourtant été semée d’embuches : prison, naufrage, incompréhension, trahison. Habité de la puissance de l’Esprit, il encourage ses frères à demeurer dans la joie, arme suprême contre l’esprit de tristesse et de découragement. La joie est fruit de la présence de l’Esprit saint dans les cœurs.

La joie d’être l’enfant bien-aimé du Père. La joie du chrétien se fonde sur sa foi en la résurrection du Christ et, à sa suite, de toute l’humanité. Le Seigneur manifeste encore et toujours, quoiqu’il advienne, amour et pardon. Celui qui a la grâce de faire confiance au Christ se reconnait aimé tel qu’il est. De cette certitude jaillissent joie et paix.

Savoir que Dieu est proche, attentif et plein de compassion, non indifférent, qu’il est un père miséricordieux qui s’intéresse à nous dans le respect de notre liberté, est motif d’une joie profonde que les aléas du quotidien ne peuvent atténuer. […] La caractéristique unique de la joie chrétienne est qu’elle peut être partagée avec la souffrance puisqu’elle est entièrement basée sur l’amour. En effet, le Seigneur qui nous est proche au point de se faire homme vient pour communiquer sa joie, la joie d’aimer.[3]

La joie d’être appelé à la mission du Christ. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! Le chrétien, par le baptême et la confirmation, devient messager de la Bonne nouvelle, comme les disciples désespérés à la mort de Jésus mais renouvelés et remplis de la joie de la Résurrection et de la Pentecôte, que rien au monde ne peut plus arrêter.

La joie de servir. Joie et paix grandissent à la mesure dont on les partage. Jésus, par sa résurrection, ouvre les portes du Royaume où tout est amour. Croire que ce Royaume se bâtit dès ici bas, dans chaque geste de tendresse, de sollicitude, de bienveillance, en un mot de charité, voilà qui emplit d’une joie profonde que les turbulences de la vie ne peuvent étouffer.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.[4] La foi en Jésus ressuscité, rencontré personnellement, est source d’une joie profonde. En retour, cet élan sème en chaque chrétien le désir de participer à la joie du Christ. Comment mieux vivre cela qu’en devenant disciple-missionnaire ?

[1] La joie de l’évangile 1

[2] Ph 4, 4-5

[3] Jean Paul II, Angelus du 3e dimanche de l’Avent 2003

[4] Jn 15,11

20 avril 2015  //  Par :   //  La joie de vivre en Dieu  //  Pas de commentaire   //   1869 Vues

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