Messe des néophytes

Le dimanche de la miséricorde, le 23 avril, Mgr Jacques Benoit-Gonnin a célébré une messe avec les néophytes qui ont reçu les sacrements du baptême, confirmation et eucharistie lors de la veillée pascale. Voici l’homélie prononcée par lui et quelques photos qui montrent la joie de ces nouveaux chrétiens catholiques.

Homélie de Mgr Jacques Benoit-Gonnin

Et maintenant ?

Et maintenant, chers frères et sœurs néophytes, qu’est ce qui nous rassemble ? Ne sommes-nous ici, dans cette belle cathédrale, que pour nous témoigner les uns aux autres nos impressions toutes neuves à propos de votre « initiation » célébrée il y a 8 jours ?  Ce serait déjà bien … Mais il y a bien plus à faire ! Si j’ai voulu cette « première », c’est pour vous lancer dans une aventure pour laquelle, désormais, vous êtes équipés et armés.

            Pour en parler, approchons-nous de la salle haute où sont les Apôtres. Jésus est ressuscité ; il se présente à ses disciples qui n’en croient pas leurs yeux, mais finissent par laisser éclater leur joie … Mais, ce soir-là, Thomas n’est pas présent. Ceux qui avaient vu Jésus ont beau lui donner leur témoignage, çà ne lui suffit pas !

THOMAS … VOUS (néophytes) / NOUS (ainés dans la foi)

            La scène se renouvelle 8 jours plus tard, et cette fois, Thomas est présent.

Il nous est sympathique, ce Thomas : il est courageux (cf. « Allons mourir avec lui » … Jn 11,16) ; il pose des questions pleines de bon sens (cf. « Comment savoir le chemin, nous ne savons pas où tu vas ? » Jn 14,5). Il a la tête sur les épaules, et on comprend bien que, encore traumatisé par les événements récents de l’arrestation et de la crucifixion de Jésus, il n’est pas prêt à croire que celui qui était mort, est vivant ! Alors, il ne s’en laisse pas conter ; il résiste à la pression environnante ; il garde sa liberté de penser.

Son expérience nous parle beaucoup ; nous pouvons nous en sentir très proches ; peut-être, avons-nous été tentés, nous-mêmes, d’adopter sa réaction. Nous avons pu fixer au Seigneur, les modalités par lesquelles nous lui donnerions notre adhésion.

            Jésus vient à sa RENCONTRE … « Thomas, avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 27-28).

Frères et sœurs rappelons-nous, ce moment, cette rencontre où nous avons rendus les armes ; où nous avons « capitulé » devant l’amour de Dieu, qui venait à notre rencontre. Nous sommes très divers, d’horizons très différents … mais nous avons ceci de commun que Jésus, d’une manière propre à chacun, est venu à notre rencontre … et à chacun, il a dit une Parole … Nous aujourd’hui, comme Thomas, nous sommes invités à faire notre « déclaration ».  Et comme les chrétiens évoqués dans la 1ère lettre de Pierre, nous sommes invités à l’aimer sans l’avoir vu, à croire en lui sans le voir encore (cf. 1P, 1, 8)

Mais Jésus n’en reste pas à cette déclaration. Il renvoie Thomas à la COMMUNAUTÉ. Ils y ont cheminé ensemble, avant son arrestation ; il doit lui rester unie. Nous le lisons dans le fait que la rencontre de Jésus avec Thomas, se situe au milieu des disciples « qui se trouvaient de nouveau dans la maison » (Jn 20, 26) ; que Jésus s’adresse à lui, comme aux autres pour redonner sa salutation : « la paix soit avec vous ! » (Jn 20, 26).

Alors, venons en à la communauté

Choisir une communauté et cheminer avec elle est une question délicate : des rythmes de vie complexes et divers peuvent gêner le cheminement avec d’autres ; l’individualisme ambiant très fort nous marque tous ; nous ressentons des résistances à nous engager ; nous craignons d’y perdre notre « liberté ».

Or, l’évangile selon St Jean qui parle des disciples réunis, et les Actes des Apôtres qui décrivent la 1ère Communauté chrétienne, nous montrent le rôle capital de la Communauté pour la vie des chrétiens.

La 1ère communauté nous est présentée comme accueillant de nouveaux disciples : « chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés » (Ac, 2, 47), et elle décrit ce qu’ils en reçoivent : « Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières… » (Actes des Apôtres 2, 42).

Observons d’abord que c’est le Seigneur qui adjoint ! C’est lui qui donne de nouveaux venus à la Communauté, et la Communauté à de nouveaux venus !

Voilà qui désigne une grande responsabilité pour la Communauté : Une communauté a mission d’accueillir et de partager ce que le Seigneur lui donne (enseignement, fraction du pain -c’est à dire l’eucharistie-, prières). Ce qui signifie qu’une Communauté qui n’accueille pas manque à sa vocation, à sa mission, à sa raison d’être ; elle risque de n’être plus qu’un « club » fermé sur lui-même… et non plus une Communauté centrée sur le Christ pour vivre du dynamisme du Ressuscité et participer à sa mission. Une telle Communauté -qui ne serait pas accueillante et « nourrissante » pour ses membres nouveaux et anciens-, deviendrait stérile.

Une Communauté doit se laisser renouveler par les nouveaux venus qui ont reçu leur part des dons de Dieu. L’exemple de Thomas nous montre que la communauté à un rôle particulier à jouer. Thomas a sûrement du s’interroger sur la manière dont il regardait ses frères apôtres et les écoutait (pourquoi n’avait-il pas cru leur témoignage ?). Une Communauté vivante est un lieu de plus complète révélation du Mystère du Christ ressuscité. Quand Jésus reproche à Thomas son incrédulité, il ne le sépare pas de la communauté des Apôtres ; il l’y renvoie, pour qu’il prenne sa part du témoignage qu’elle doit rendre. D’une certaine manière, alors que Thomas a voulu une vérification pour lui seul et sans les autres, Jésus l’appelle à croire « dans » le témoignage de la Communauté.

Voilà qui vous confère, à vous aussi chers néophytes, une mission particulière : celle de rejoindre la Communauté pour y trouver votre place ; bénéficier des dons que le Seigneur lui fait ; y mettre à son service les grâces que le Seigneur vous fait ; y prendre votre part de sa mission. Votre absence de la Communauté l’appauvrit.

            C’est une illusion de croire que vous pourrez avancer dans la vie chrétienne, sans les autres !

Accompagnateurs

Vous comprenez donc, chers accompagnatrices/teurs quel RÔLE est le vôtre. Rien moins que aider la Communauté à accueillir les catéchumènes, et introduire ceux-ci dans la vie de la Communauté. Vous êtes les « PONTS », les « MÉDIATEURS » entre les catéchumènes / néophytes et la Communauté ! Ce service vous avez déjà commencé à le rendre, mais, votre action ne s’achève pas aujourd’hui ! Comme des « parents », vous savez que vous avez reçu un catéchumène pour l’aider à devenir adulte, jusqu’au moment où il pourra « voler de ses propres ailes ». Il vous revient donc de l’accompagner dans sa maturation, vers son autonomie… avec tact, délicatesse, respect, patience, persévérance …

C’est pourquoi, je demande au Seigneur de répandre son Esprit Saint sur vous, sur les curés et les membres des Communautés diverses qui sont sollicitées, pour que chacun serve cette tâche d’accueil, d’accompagnement, de croissance. Imagine-t-on des parents délaissant un nouveau-né ?

Recevoir l’Esprit saint pour vivre la mission

            L’histoire ne s’arrête pas là !

Jésus renvoie Thomas à la MISSION qu’il a confiée aux disciples et à l’Eglise (« comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie … » » (Jn 20, 21). Et pour la vivre, Il donne l’Esprit Saint : « Il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses pêchés, ils seront remis ; … »

En ce dimanche de la Miséricorde, nous demandons à l’Esprit Saint de faire de tous les chrétiens des témoins de cette œuvre de miséricorde, décrite par le Seigneur : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront maintenus ». C’est une œuvre de relèvement, de guérison, de libération, de vie (cf. Jn, 20, 31).

            TOUS, APPRENONS (encore et toujours) À VIVRE AVEC L’ESPRIT SAINT. Ouvrons-Lui largement toutes les dimensions de nos vies. Ainsi, nous pourrons être, de plus en plus, ces témoins de la Miséricorde de Dieu. C’est ce à quoi nous invite l’Église durant les semaines qui viennent jusqu’à la Pentecôte. Bonne route !

 

Photos : Claire du Baret

L’évêque a invité l’assemblée à rejoindre

  • Les confirmands adultes, le 4 juin, à Senlis,
  • Le pèlerinage de Lourdes  (groupe spécial catéchumènes / néophytes)

 

25 avril 2017  //  Par :   //  Diocèse  //  Pas de commentaire   //   527 Vues

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