S’émerveiller !

L’été est là. Plein de promesses et d’espoirs. Temps du repos et du dépaysement pour beaucoup.

Pourtant, si nous n’y prenons pas garde, l’automne nous trouvera désabusés. Tout a été si vite ! Tout a été si compliqué ! J’au- rais voulu, je n’ai pas pu…. Et le monde, vous avez vu comment tourne le monde ?

Faire de cet été un temps hors du commun, vivifiant, quand bien même nous ne quitterions pas les horizons de picardie, est-ce possible ? Vivre cet été comme un temps plus proche de Dieu, est-ce envisageable sans pousser les portes d’un monastère ? Décidons de faire de chaque jour un chemin neuf. Acceptons de nous laisser surprendre. En un mot, choisissons de nous émerveiller ! Alors ce qui aura été semé pendant l’été germera et nos yeux s’ouvriront peu à peu.

S’émerveiller de ce qui nous entoure et nous dit l’âme du lieu

Chaque coin de terre a son histoire, son génie. pousser la porte de l’église de son village et poser un regard neuf sur elle ; visi- ter le musée du coin pour s’en approprier la vitalité ; apprécier les réalités locales comme une occasion de prendre racine là où la vie nous a plantés.

S’émerveiller les yeux ouverts

L’essentiel est invisible… Seul un regard attentif révèle le meilleur. Voir dans l’ordinaire du jour, le sourire, le geste, le paysage qui le rendent unique et beau ; savourer l’instant présent, respirer une fleur, goûter une musique, admirer une « belle » personne. Sortir du « c’est toujours pareil » qui engendre ennui et lassitude.

S’émerveiller les yeux fermés

Le chant du cœur puise dans la profondeur de l’Autre pour trouver le bonheur.

Prendre chaque jour un moment de silence et de prière, pour entendre jaillir la source en nous, pour dire « oui » au monde et recevoir la vie comme un cadeau.

•S’émerveiller de ce que je suis, créé par Dieu à son image et à sa ressemblance. « Je te remercie d’avoir fait de moi une vraie merveille. »1

•S’émerveiller de la beauté des autres en qui, toujours, est caché un trésor.

•S’émerveiller de la Résurrection du Christ qui nous délivre à jamais de la mort et nous dit combien Dieu nous aime.

S’émerveiller et vivre

Regarder la vie, regarder sa vie, passivement, ne conduit qu’à l’ennui pour ne pas dire à la mort. Si je choisis de poser sur le monde le regard de Jésus, de l’aimer quoiqu’il en soit, d’être totalement présent là où je suis, alors je deviens plus vivant, ma vie est de plus en plus riche. Je ne vais plus de la vie à la mort, mais de la mort à la vie. «Le vrai problème n’est pas de savoir s’il y a une vie après la mort, mais s’il y a une vie avant la mort », rappelle Maurice Zundel. Rien à voir ici avec la naïveté ou l’ignorance.

« Les grands émerveillés sont des vivants formidables et font des indignés magnifiques, pour- fendeurs de l’injustice. »2

S’émerveiller en Dieu

L’essentiel est de s’émerveiller. Car, lorsqu’on s’émerveille, lorsqu’on admire, nécessairement on se quitte soi-même, on demeure suspendu à la beauté de Dieu, on se réjouit de sa présence, on se perd dans son amour. « Dieu, c’est quand on s’émerveille. »3

S’émerveiller, ça se choisit, même quand la vie est dure. S’émerveiller ça s’apprend, dans la persévérance. S’émerveiller, ça se cultive, dans l’amour et la joie. Le temps d’un été et durant toute la vie. S’émerveiller donne sens à la vie.

Dominique Vivant

1. psaume 138(139), 14
2. Bertrand Vergely, Retour à l’émerveillement, Albin Michel 2010
3. Maurice Zundel

>> Ecoutez la conférence du p. Pierre Marie Castaignos, sjm, sur l’émerveillement
L’émerveillement est une forme de regard porté sur la réalité. Il suppose la bienveillance. Cela permet de ne pas enfermer l’autre selon nos propres critères, de ne voir que le point noir dans la feuille blanche…

19 juin 2015  //  Par :   //  S'émerveiller  //  Pas de commentaire   //   1328 Vues

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