Témoignage du père Serge Maroun : « Aucune autre vie ne m’aurait autant comblé ! »

À l’occasion de la 53e journée mondiale de prière pour les vocations, le 17 avril 2016, Écho a recueilli le témoignage du p. Serge Maroun, curé de Crépy-en-Valois et accompagnateur des séminaristes. Il revient pour nous sur son discernement vers le sacerdoce.

« Comment avez-vous entendu l’appel de Dieu ou comment avez-vous compris qu’il vous appelait à devenir prêtre ?

Il est évident que ce n’est ni sur ma boite mail, ni sur mon compte Facebook ni sur mon smartphone que l’appel est arrivé… A vrai dire, je crois que tout se passe au fond du cœur et qu’il est difficile de l’expliquer ! Lorsqu’à l’âge de 27 ans, je cheminais dans une relation vers le mariage, je me posais aussi la question d’être prêtre. Je vivais à l’époque en foyer de l’Arche avec des personnes handicapées et l’image du prêtre proche des personnes fragiles ou en situation de souffrance m’interpellait. L’idée de consacrer ma vie dans le célibat pour le service de l’Église et l’annonce de l’Évangile m’attirait beaucoup. Dans le silence, dans la prière, dans la réflexion, j’ai perçu la certitude que je pouvais me marier, fonder une famille et être heureux, ou devenir prêtre et être encore plus heureux ! Comme je suis gourmand, j’ai choisi le menu « plus ». Ensuite, j’ai surtout compris que le Seigneur appelle par le biais de l’Église, de l’évêque et, me rendant disponible, j’ai répondu à l’appel de l’Église par l’appel de Mgr Thomazeau qui m’a ordonné diacre puis prêtre.

Les années de séminaire sont importantes, elles nous font avancer dans le désir de ne plus avoir « son propre projet » mais de répondre simplement au projet de Dieu qui passe par l’appel de l’Église.

Qu’est-ce qui vous a aidé et vous aide encore aujourd’hui à répondre ‘oui’ ?

Il est évident que l’on n’est pas prêtre pour soi… Prêtre, je le suis au service de l’Église et des chrétiens. L’appel de Dieu passe aussi par l’appel des hommes. Je me souviens avoir rencontré une fois une personne en situation de grande souffrance, marquée par une histoire très blessée. En lui disant : « Il faut que tu demandes le pardon du Seigneur, Dieu seul peut te libérer de ce fardeau que tu portes », je me suis demandé si je n’étais pas appelé à deve- nir cet humble instrument de la miséricorde de Dieu. Aujourd’hui, dans le quotidien de mon ministère, ce sont les paroissiens, dans leur diversité, c’est cette douzaine de jeunes collégiens ou lycéens qui se préparent au baptême, ce sont les jeunes du collège catholique ou du groupe scout dont je suis aumônier, ce sont mes frères porteurs d’un handicap à l’Arche ou ailleurs, ce sont ces familles réfugiées… Tant de situations et de visages qui sont devenues mon histoire, en même temps que je fais désormais partie de la leur. C’est pour eux et avec eux que je suis prêtre. Après 15 ans de ministère, je me dis que probablement aucune autre vie ne m’aurait autant comblé. Oui, je peux le dire, je suis profondément heureux d’être prêtre dans l’Église, dans le monde d’aujourd’hui. Je pense avoir bien fait de choisir le menu « plus ». 

Article paru dans la revue diocésaine Écho d’avril 2016

20 janvier 2017  //  Par :   //  Diocèse, Écho  //  Pas de commentaire   //   506 Vues

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